RootsTech-Connect : un show généalogique réussi

Sauf à habiter dans une grotte (même si en ces temps de confinements et couvre-feux, c’est un peu l’impression que l’on peut tous ressentir!), il est fort probable que vous ayez entendu parler de la plus grande manifestation généalogique virtuelle jamais organisée au monde, le RootsTech-Connect.

Cet événement d’ampleur mondiale, organisé du 25 au 27 février 2021 par les mormons de FamilySearch, était cette année, compte tenu du contexte sanitaire, complètement virtualisé. La formule, baptisée Connect, remplaçait donc la traditionnelle manifestation physique (en présentiel) qui réunit chaque année plusieurs milliers de généalogistes (mormons ou non).
J’y ai passé quelques heures, et je vous partage ici mes impressions personnelles.

Un premier bilan

Les organisateurs n’ont pas encore publié de bilan détaillé officiel, mais on imagine bien qu’il faudra un peu de temps pour analyser toutes les données.
Trois chiffres seulement circulent à ce jour : 1 000 000 – 242 et 2000.
1 000 000 : c’est le nombre revendiqué de visiteurs à la fin des trois journées inaugurales de l’événement, mais ce chiffre progressera encore dans les mois à venir
242 : c’est le nombre de pays représentés par les visiteurs
2000 : c’est le nombre de vidéos (conférence, tutos, shows…) en ligne
Ces chiffres sont assez époustouflants et témoignent du succès planétaire de l’événement. Ils font même naître sur les réseaux sociaux le sempiternel débat quant à la véracité du nombre de visiteurs. Sont-ce les chiffres de la police ou ceux des syndicats ? A t-on compté les visites ou les visiteurs ? Les unijambistes comptent-ils pour un ?…
Le débat est classique (et systématique) mais admettons quand même qu’à 500 000 personnes près, cela fait quand même beaucoup de monde, et cela témoigne réellement du succès de l’initiative.

Le monde généalogique n’aura jamais été aussi rassemblé
qu’à l’occasion du RootsTech Connect 2021
Une réussite technique

Il faut bien le reconnaître, l’organisation a été impeccable et la technique assez irréprochable.
Coté visiteurs, le site a fonctionné à merveille, avec une fluidité remarquable (en tout cas aux horaires français). L’interface est simple, accessible et sa navigation plutôt intuitive. Les aides en ligne et autres tutos, bien mis en avant, pouvaient être facilement utilisés par des utilisateurs un peu perdus.
Techniquement, les conférences en ligne tout comme la navigation dans le hall d’exposition étaient à la hauteur des espérances.
Il faut souligner les moyens mis en œuvre pour faire de cet événement un show planétaire : le site était multilingue (11 langues officielles), les conférences émises nativement en plusieurs langues, et d’autres traduites en direct dans plusieurs idiomes, sans compter la magie de YouTube pour sous-titrer n’importe quelle animation dans la langue de son choix.
Bien sûr, comme tout événement de cette importance, il y a eu quelques petits couacs, inévitables lorsqu’il s’agit d’une première expérience montée en quelques mois seulement, mais rien du significatif qui aurait pu gâcher la fête.

Un show à l’américaine

Il serait délicat de reprocher aux organisateurs américains de ne pas faire ce qu’ils savent faire : un show à l’américaine avec sa débauche de superlatifs, ses connivences extrêmes et parfois le manque de retenue dont nous sommes, nous européens, peu coutumiers. Le RootsTech-Connect est la transposition virtuelle de la version présentielle et le contraire aurait été étonnant.
Coté contenu, un visiteur français peut facilement être déboussolé, car les thèmes abordés par les conférenciers ne sont pas exactement ceux auxquels nous sommes habitués. FamilySearch met en avant non seulement la généalogie mais toutes les valeurs liées à la famille. Il ne faut donc pas s’étonner que ces thèmes soient omniprésents dans les animations proposées.
De même, l’ADN et le « storytelling »  occupent une large place.
Enfin, et ce point n’est probablement que la conséquence des précédents, il faut s’attendre à découvrir une multitude d’interventions sur des sujets qui peuvent nous paraître basiques et pleins d’évidences (vous savez les conférenciers qui enfoncent vraiment des portes ouvertes!). C’est probablement ce qui est le plus déconcertant pour un visiteur non rodé aux animations généalogiques anglo-saxonnes.
Au risque d’être caricatural (et surement chauvin!) un généalogiste français, habitués à des conférences ayant pour objets d’aborder des sujets pointus ou techniques, de vulgariser une expertise, ou de dévoiler des sources historiques peu usuelles, pourrait parfois avoir l’impression atterrir sur mars…(c’est d’ailleurs dans l’air du temps!).
Mais ne boudons pas notre plaisir, la diversité des sujets, la pléthore d’intervenants, et la multiplicité des formats du RootsTech rendent l’expérience assez fantastique.
D’ailleurs cette approche pédagogique des conférences généalogiques pourrait être une source d’inspiration pour nos intervenants français, souvent académiques et généralement trop sérieux. Et comme les généalogistes français plébiscitent les conférences dans le cadre des événements généalogiques (cf le sondage de GénéAgenda), il y a fort à parier que le succès serait au rendez-vous.

Les prémices d’un RootsTech hybride ?

Pour l’instant, les organisateurs n’annoncent rien sur les modalités pratiques des futures éditions de RootsTech.
Compte tenu du succès de l’événement virtuel, et comme évoqué dans un précédent billet sur le sujet, il y a fort à parier que la future édition sera un mélange des genres. Il est donc assez probable que la version 2022 du RootsTech consistera en une animation présentielle comme avant, doublée d’un contenu virtuel à l’attention de la planète entière.
Mais pour ne pas freiner la venue des visiteurs réels (permettant de couvrir les frais d’organisation et de donner des perspectives commerciales aux exposants), des contenus et animations exclusives seraient disponibles sur place.

Il ne s’agit ici que d’un exercice d’anticipation personnelle, toutefois il serait étonnant que FamilySearch mette aux rebuts son site internet événementiel alors qu’il a incroyablement fonctionné.
La stratégie future adoptée par les organisateurs sera probablement révélée à l’occasion de l’édition du RootsTech de Londres, qui est encore pour l’instant programmé d’ici la fin d’année 2021. L’édition londonienne pourrait être la version bêta du RootsTech hybride (mi réel – mi virtuel) 2022.

En attendant…

Il n’est pas trop tard pour profiter de l’ensemble du contenu du RootsTech-Connect puisque celui-ci sera disponible, gratuitement, pendant un an. Une offre de contenus à la demande, parfaitement adaptée pour une assimilation fragmentée et compatible avec la vie de famille … et la vie réelle.

Et pour ceux qui en demandent toujours plus, il est utile de rappeler que du contenu 100 % français est disponible toute l’année sur :
– la chaîne de GénéaTech qui a mis en ligne durant tout le mois de février d’excellentes vidéos généalogiques
– le site du Géné@event proposé par la Fédération Française de Généalogie avec une offre permanente de conférences et de stands virtuels.

Alain ROUAULT, de l’équipe GénéAgenda

Illustrations :
– Seattle New Year’s Eve – Modern Enterprises (www.lifewire.com)
– RootsTech (www.rootstech.org)

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